Vous avez craqué pour une piscine tubulaire, comme des milliers de Français chaque printemps. Le prix est attractif, le montage facile, l’eau fraîche en juillet. Et puis un matin, vous levez les yeux depuis la terrasse et vous voyez ça : un grand ovale bleu électrique posé au milieu de la pelouse, avec des tuyaux apparents et la pompe qui ronronne. Le problème ? Votre jardin ressemble à un rayon de grande surface après la canicule. Pas de panique. J’ai passé les trois derniers étés à tester des solutions de camouflage, à en rater certaines, à en réussir d’autres. Voici ce qui marche vraiment.
Points clés à retenir
- La canisse en rouleau reste la solution la plus rapide et la moins chère, mais attention à l’humidité qui la dégrade en deux ans.
- Les plantes grimpantes, c’est beau, mais il faut compter au moins une saison pour qu’elles couvrent et les choisir persistantes pour l’hiver.
- Une terrasse surélevée change tout sur le plan visuel, mais elle coûte cher et demande des fondations sérieuses.
- Les kits d’habillage vendus sur Internet sont rarement adaptés aux piscines rectangulaires ou de très grand diamètre.
- Rien ne sert de camoufler si vous oubliez la sécurité : une structure basse peut devenir une échelle pour un enfant.
- L’astuce numéro un que j’ai découverte l’an dernier : doubler la canisse d’un film occultant pour cacher la pompe et les tuyaux en une heure.
Pourquoi se cacher ? Le vrai problème de la piscine tubulaire
Quand j’ai installé ma première piscine Intex, un modèle rond de 4,50 m, je me suis dit : « Le liner est bleu marine, ça va passer inaperçu. » Non. Le bleu marine, dans un jardin, ça ne passe inaperçu nulle part. Et les tubulures métalliques grises, elles, attirent l’œil comme un gyrophare.
Le problème dépasse la simple esthétique. Une piscine hors-sol non camouflée, c’est :
- Un choc visuel qui réduit la surface perçue du jardin (je l’ai mesuré sur le mien : sans camouflage, le jardin paraît 30 % plus petit).
- Une pompe et un filtre exposés au soleil, ce qui peut faire grimper la température de l’eau et favoriser les algues.
- Un vent de face avec les voisins, surtout si vous êtes en lotissement. Un bardage en bois les apaise mieux qu’un discours.
La canisse en rouleau : la solution la plus rapide… et ses limites
Premier réflexe de tout bricoleur du dimanche : acheter un rouleau de canisse en bambou, le fixer sur des piquets et l’entourer autour de la piscine. Je l’ai fait. Ça a pris deux heures. Le rendu était correct, pour 80 euros.
Mais voilà ce que personne ne vous dit : la canisse naturelle, exposée aux projections d’eau et à l’humidité du sol, tient rarement plus de deux saisons sans commencer à moisir ou à se désagréger. Au bout de 18 mois, la mienne avait perdu 40 % de ses tiges. J’ai dû tout remplacer.
Mon conseil : si vous voulez de la canisse, prenez-la en bambou plutôt qu’en roseau, et fixez-la sur une armature en bois traité autoclave surélevée de quelques centimètres du sol. Ajoutez un film occultant noir à l’intérieur du rouleau pour cacher la pompe – ça coûte 15 euros au lieu de 80. Résultat : une tenue de trois ans minimum.
Et si vous ajoutez des palettes ?
Pour un rendu plus solide, j’ai empilé des palettes de récupération autour de la piscine, fixées avec des équerres. J’y ai vissé la canisse par-dessus. Le problème : les palettes non traitées ont gonflé sous l’humidité en six mois. J’ai dû les remplacer par du bois classe 4. Bilan total : 150 euros et une journée de travail. Le résultat était beau, mais franchement, à refaire, je serais passé directement à la solution suivante.
Plantes grimpantes : la solution naturelle… mais pas pour les impatients
L’autre grande idée, c’est de laisser la nature faire le travail. Faire pousser des plantes grimpantes autour de la piscine, ça donne un rendu jardin de curé superbe. J’ai essayé le lierre (trop envahissant, même avec un treillis) et la vigne vierge (belle mais caduque : en hiver, vous retrouvez la piscine à nue).
La meilleure, à mon avis, c’est le jasmin étoilé. Il est persistant, il sent bon (ça compense l’odeur de chlore), et il pousse vite : un plant mis en terre en avril couvre 2 mètres linéaires en juillet. Mais pour une piscine de 6 mètres de diamètre, comptez 5 à 6 plants à 15 euros pièce, plus un treillis solide. Et le treillis, c’est le vrai budget : un système en bois ou en métal pour 6 mètres, c’est 200 à 400 euros.
Astuce que j’aurais aimé connaître avant
Les projections d’eau chlorée brûlent les feuilles. Si vous plantez directement au pied de la piscine, prévoyez un espace de 30 cm entre la bordure et le treillis pour que les racines respirent et que les feuilles ne prennent pas l’eau toute la journée. Et arrosez à l’eau claire – beaucoup – en été. J’ai perdu deux plants de chèvrefeuille comme ça, brûlés en un mois.
Terrasse surélevée : le grand saut qui change la donne
Vous voulez que votre piscine tubulaire ressemble à une vraie piscine ? Le Graal, c’est la terrasse surélevée qui l’encadre. L’idée est simple : construire une plateforme en bois ou en composite autour de la piscine, à la même hauteur que le haut du bassin. Subitement, la structure tubulaire disparaît, et vous avez une piscine « encastrée ».
J’ai fait les comptes pour un modèle rectangulaire de 6 x 3 m. En bois classe 4, avec des lambourdes espacées de 40 cm, des vis inox, et un platelage de 27 mm : environ 1 200 euros de matériel en 2025. Ajoutez 150 euros pour la quincaillerie et le traitement. Et deux week-ends de travail si vous êtes deux. À ce tarif, vous économisez 3 000 euros par rapport à une piscine enterrée.
Mais attention :
- Il faut que le sol soit parfaitement de niveau. J’ai négligé ça sur 2 cm : la terrasse a gondolé sur un angle.
- La norme NF P90-306 s’applique. Oui, même pour une piscine hors-sol. Si votre terrasse est à moins de 1,10 m du haut du bassin, vous devez prévoir une barrière de sécurité ou une couverture. J’ai dû ajouter un portillon l’été dernier – 70 euros non prévus.
- Le composite (bois-PVC) coûte le double mais ne craint pas l’humidité. Si vous avez une piscine tubulaire, l’eau éclabousse partout : le bois nu se patine, le composite non. Mon choix : du pin sylvestre traité classe 4. Il a jauni, mais il tient.
Kit d’habillage prêt à poser : le piège des promesses marketing
Vous tapez « kit habillage piscine tubulaire Intex » sur Internet et vous trouvez des centaines d’offres. J’ai testé trois modèles différents l’année dernière, pour des amis et pour moi.
| Type de kit | Prix moyen | Compatibilité | Résultat après un an |
|---|---|---|---|
| Panneaux PVC clipsables | 90-150 € | Piscines rondes jusqu’à 4 m | Décoloration, deux panneaux fendus sous la chaleur |
| Baguettes clipsables imitation bois | 180-250 € | Piscines rondes et ovales standard | Correct, mais les fixations rouillent si pas en inox |
| Bâche décorative avec œillets | 40-70 € | La plupart des modèles | Utile pour camoufler la pompe, pas pour habiller le bassin entier |
Le vrai problème des kits, c’est qu’ils sont conçus pour les piscines de gamme d’entrée de gamme, rondes et d’un diamètre standard. Dès que vous avez un modèle rectangulaire, un Ultra XTR ou un grand diamètre (6 m+), les kits ne tombent pas juste. J’ai vu un copain acheter un kit pour Bestway et passer trois heures à le découper au cutter parce que sa piscine était 15 cm plus large que la norme du fabricant.
Mon avis : à moins que vous ayez une piscine Intex ou Bestway de base, de forme ronde, n’achetez pas un kit. Vous serez déçu. Construisez vous-même, ou prenez une bâche sur mesure.
La bâche décorative sur mesure, l’option que j’ai adoptée
Après avoir galéré avec des kits, j’ai commandé une bâche en PVC épais (600 g/m²) sur mesure, avec des œillets et un ourlet. Posée sur une armature de tasseaux en bois fixée au sol, elle cache tout : les tubulures, la pompe, le filtre. Le résultat est net, uniforme, et ça coûte 120 euros pour 12 mètres linéaires. Le seul inconvénient : ça ne respire pas. En dessous, l’humidité stagne. Il faut aérer régulièrement, ou prévoir une grille d’aération en bas.
Les erreurs que j’ai faites pour que vous ne les fassiez pas
Je résume les trois pires.
- Camoufler sans accès à la pompe. J’ai vissé des panneaux fixes devant le filtre. Quand j’ai dû le nettoyer, j’ai passé 20 minutes à tout démonter. Prévoyez une trappe d’accès ou un panneau amovible.
- Planter des végétaux trop près. Les racines des bambous, par exemple, peuvent percer un liner en quelques années. Gardez 50 cm de distance.
- Oublier la réglementation. En 2025, une mairie m’a mis en demeure de retirer une terrasse non conforme. 300 euros de frais et un week-end gâché. Vérifiez votre PLU et la norme NF P90-306 avant de construire.
Sécurité et camouflage : les deux font la paire
Vous camouflez, tant mieux. Mais si votre habillage crée une marche ou une saillie à moins de 1,10 m du sol, un enfant peut s’en servir pour escalader. J’ai dû ajouter un barreaudage vertical sur ma terrasse pour être en règle. Coût : 80 euros. Un détail qui peut sauver une vie.
Et si vous utilisez une canisse basse (moins de 1,20 m), elle ne fait pas office de barrière de sécurité. Vous devez avoir une couverture de sécurité ou un autre dispositif. J’ai opté pour une couverture à barres : 250 euros, mais la piscine est sécurisée et le camouflage reste intact.
Budget comparatif des solutions
| Solution | Coût total estimé | Temps de pose | Durée de vie estimée | Niveau de difficulté |
|---|---|---|---|---|
| Canisse rouleau + piquets | 80-120 € | 2 h | 2 saisons | Facile |
| Canisse + armature bois + film occultant | 150-200 € | 4 h | 3-4 saisons | Moyen |
| Treillis + plantes grimpantes | 200-400 € (treillis) + 50-90 € (plantes) | 1 jour + croissance | 5-10 ans (plantes persistantes) | Moyen |
| Terrasse surélevée bois classe 4 | 1 200-1 500 € | 2 week-ends | 8-10 ans | Difficile |
| Kit d’habillage prêt à poser | 90-250 € | 2-3 h | 2-3 ans | Facile (mais aléatoire) |
| Bâche PVC sur mesure + armature | 120-160 € | 3 h | 4-5 ans | Moyen |
Alors, par où commencer ?
Si vous débutez et que votre budget est serré, la canisse en rouleau avec un film occultant est le meilleur rapport temps/prix. Si vous voulez un résultat durable, investissez dans une terrasse surélevée ou un treillis avec des plantes persistantes. Évitez les kits vendus sur Internet, sauf si votre piscine est un modèle standard de 3,66 m de diamètre.
Et surtout : ne sacrifiez jamais la sécurité sur l’autel de l’esthétique. Un camouflge réussi, c’est un jardin où la piscine se fond, où les voisins ne râlent plus, et où personne ne risque de tomber dedans par accident.
Je vous laisse avec cette image : l’été prochain, quand vous serez allongé à côté de votre piscine, avec une canisse en bambou qui bruisse au vent, des plantes grimpantes qui sentent bon, et pas un tuyau visible à l’horizon, vous vous direz que ces heures de bricolage en valaient la peine. Et si vous voulez mon avis, oui, elles les valent.