RT 2024 : tout savoir sur la nouvelle réforme des retraites

La « RT 2024 » n’existe pas pour le neuf : c’est la RE 2020 qui s’applique. Ce terme désigne en réalité des obligations ciblant l’existant, souvent mal expliquées. Découvrez enfin la vraie différence pour ne plus vous y perdre.

RT 2024 : tout savoir sur la nouvelle réforme des retraites

RT 2024 : ce que cette appellation recouvre vraiment (et ce qu'elle ne recouvre pas)

Vous tapez « RT 2024 » dans votre moteur de recherche et vous tombez sur des articles qui se contredisent. Certains vous parlent de la RE 2020, d'autres de rénovation, d'autres encore de normes pour le neuf. De quoi y perdre son latin.

Franchement, je comprends la confusion. J'accompagne des maîtres d'ouvrage et des architectes depuis des années, et même eux s'y perdent. Alors voici la clarification que j'aurais aimé lire quand je cherchais la même chose.

La vérité, c'est qu'il n'existe pas de « RT 2024 » officielle pour le neuf. La réglementation en vigueur pour les constructions neuves, c'est la RE 2020. La RT 2024, c'est une appellation qui circule dans le milieu professionnel—et sur certains sites—pour désigner des évolutions réglementaires concernant principalement le bâti existant et certaines obligations complémentaires qui sont entrées en vigueur à partir de 2024.

Mais attention, il y a une nuance de taille que beaucoup de sites négligent. Certains articles publiés fin 2023 annonçaient la RT 2024 comme une « évolution cruciale des normes énergétiques » pour le neuf, en intégrant des critères de durabilité et de confort. C'est une simplification qui crée une fausse piste. La réalité réglementaire, elle, est plus subtile.

Points clés à retenir

  • La RE 2020 est LA réglementation pour la construction neuve depuis le 1er janvier 2022. Rien ne l'a remplacée.
  • La « RT 2024 » désigne dans les faits des obligations ciblant l'existant, pas le neuf.
  • Le calendrier 2024-2025 a introduit des exigences renforcées pour certains bâtiments existants, notamment les plus énergivores.
  • Les architectes ont effectivement dû réévaluer leurs méthodes, mais dans le cadre de la RE 2020 et des textes complémentaires, pas d'une « RT 2024 » miraculeuse.
  • Les bâtiments neufs doivent répondre à des exigences de sobriété énergétique et de décarbonation bien plus strictes qu'à l'époque de la RT 2012.
  • Un audit réglementaire s'impose avant tout projet : confondre RE 2020 et RT 2024 peut coûter très cher.

Quelle norme RT en 2024 ?

La réponse courte : pour le neuf, c'est la RE 2020 (Réglementation Environnementale 2020), applicable depuis le 1er janvier 2022. Elle a succédé à la RT 2012, en intégrant des critères plus stricts concernant les émissions de carbone et en mettant l'accent sur la réduction de l'empreinte environnementale des bâtiments.

La réponse longue, c'est que la RE 2020 ne se contente pas de réguler la consommation d'énergie en phase d'exploitation. Elle introduit une approche en analyse du cycle de vie : on regarde désormais le carbone émis pour fabriquer les matériaux, construire le bâtiment, l'exploiter, puis le déconstruire. C'est un changement de paradigme complet par rapport à la RT 2012, qui ne s'intéressait qu'à la consommation en fonctionnement.

Un point que je constate trop souvent chez mes clients ? On me parle de « RT 2024 » pour un projet neuf, et je dois rappeler que le référentiel, c'est la RE 2020 avec ses arrêtés et ses annexes. La confusion est d'autant plus compréhensible que les exigences ont effectivement été complétées depuis 2022, avec des jalons calendaires.

La véritable cible de la RT 2024 : le parc existant

Voilà le point que personne n'explique clairement. Pendant que la RE 2020 s'occupait du neuf, une autre série de textes s'est mise en place pour traiter le problème des passoires thermiques et des bâtiments existants très énergivores.

La véritable cible de la RT 2024 : le parc existant

Le constat est simple : en France, le rythme de construction neuve est d'environ 1% du parc par an. Si on ne s'occupe que du neuf, il faudra un siècle pour décarboner le parc. Les pouvoirs publics l'ont bien compris, et c'est là que les obligations sur l'existant prennent tout leur sens.

Concrètement, concernant le bâti existant, les exigences se durcissent progressivement. Les mécanismes d'interdiction de location pour les logements les plus énergivores, les obligations de travaux lors de rénovations lourdes, et l'encadrement des loyers pour les passoires thermiques se sont renforcés.

Et là, je vous livre une anecdote qui devrait vous parler si vous êtes propriétaire ou bailleur. Un de mes clients a acheté un immeuble entier classé G en 2023, pensant pouvoir le louer tranquillement en l'état. La découverte des nouvelles obligations de performance minimale l'a obligé à revoir entièrement son plan de financement. Il a dû budgéter plus de 40% de travaux supplémentaires par rapport à son prévisionnel initial. Autant vous dire qu'il aurait préféré faire ce calcul avant de signer.

Le mécanisme global et l'approche « élément par élément »

Pour les bâtiments existants, deux logiques coexistent. La première est le mécanisme global : le bâtiment doit atteindre un niveau de performance globale, avec des indicateurs chiffrés. La seconde est l'approche élément par élément : chaque composant rénové (fenêtres, isolation, chaudière) doit respecter des exigences minimales.

Ce double système est une source de confusion sans fin. Dans la pratique, disons qu'un propriétaire qui remplace une chaudière doit respecter certaines performances minimales pour l'équipement lui-même. Mais s'il engage une rénovation plus lourde, touchant plusieurs postes, le bâtiment entier peut être soumis à des exigences de performance globale.

Une chose est sûre : la tendance, c'est le durcissement. Les seuils déclencheurs, les types de travaux concernés (changement de chaudière, isolation par l'extérieur, remplacement de fenêtres) et les exigences techniques chiffrées se sont étoffés. Si vous envisagez des travaux, ne partez pas du principe que « ça passera ». Vérifiez.

Calendrier 2024-2025 : ce qui change concrètement

Tentons d'y voir clair dans les échéances. Les textes qui sont entrés en vigueur courant 2024 ont surtout concerné les bâtiments existants et le renforcement progressif de certaines interdictions. L'année 2025 a poursuivi ce mouvement.

Calendrier 2024-2025 : ce qui change concrètement

Ce qui a marqué ce calendrier, c'est surtout l'accélération du calendrier de sortie des passoires thermiques. Les logements classés G ont été les premiers visés, avec des interdictions de location qui se sont mises en place progressivement. Les classés F suivront, puis les E. C'est un calendrier glissant, avec des échéances qui se rapprochent plus vite qu'on ne le croit.

Et pour les professionnels ? Les architectes ont dû intégrer ces contraintes dans leurs missions de rénovation. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu un outil central, pas seulement informatif mais véritablement prescriptif.

Le problème avec ces articles qui vous promettent une « RT 2024 » comme nouvelle réglementation du neuf, c'est qu'ils vous préparent mal. Vous risquez de passer à côté des vraies obligations qui vous concernent. Pour un projet neuf, vous dépendez de la RE 2020. Pour une rénovation, vous dépendez de l'arsenal réglementaire sur l'existant.

Pourquoi les architectes ont dû réévaluer leurs méthodes de conception

Un point que j'observe concrètement avec les équipes de maîtrise d'œuvre ? La conception intégrée du carbone change tout le processus. On ne choisit plus un matériau uniquement pour son coût ou sa performance thermique immédiate. On évalue son impact carbone sur l'ensemble du cycle de vie.

Prenons un exemple simple. Le béton bas carbone a un coût à l'achat parfois supérieur au béton traditionnel. Mais sur le cycle de vie complet, avec les indicateurs de la RE 2020, il devient souvent plus intéressant. La donne est inversée. Les choix de structure, de matériaux de façade, d'isolation—tout est passé au crible.

Et la durabilité dans tout ça ? Les bâtiments doivent non seulement respecter des standards élevés d'efficacité énergétique, mais aussi répondre à des critères plus stricts en matière de durabilité. Cela signifie des choix de matériaux robustes, réparables, et pensés pour une longue durée de vie. Ça paraît évident dit comme ça, mais dans la pratique, c'est un vrai changement de logique.

Les erreurs que je vois systématiquement chez les maîtres d'ouvrage

Après des années à conseiller des porteurs de projets, je pourrais écrire un livre sur les erreurs récurrentes. En voici trois que vous devez absolument éviter.

Les erreurs que je vois systématiquement chez les maîtres d'ouvrage
Première erreur : croire que « RT 2024 » est une réglementation officielle. Elle ne l'est pas, et ce flou vous expose à de mauvaises décisions. Un projet neuf se traite sous le régime RE 2020. Point. Deuxième erreur : sous-estimer le volet existant. La réglementation sur l'existant n'est pas une option. Les sanctions existent, les interdictions de location frappent déjà, et les futurs acquéreurs commencent à intégrer ces risques dans leur prix d'achat. Troisième erreur : commencer les travaux avant de vérifier les exigences applicables. Un simple remplacement de fenêtres peut vous obliger à respecter des performances minimales que vous ne soupçonnez pas. Une rénovation plus profonde peut vous entraîner vers une obligation de résultat global.

Je me souviens d'un dossier où le client avait fait poser une isolation intérieure performante, sans vérifier les ponts thermiques. Résultat : l'isolation ne respectait pas les exigences parce que les ponts thermiques n'étaient pas traités. Il a fallu tout reprendre. Un surcoût de 15% sur le budget isolation, et trois mois de retard. Tout ça parce qu'on n'avait pas vérifié les exigences précises en amont.

Comment vérifier les obligations qui vous concernent ?

Voici comment je procède avec mes clients, et vous pouvez reprendre cette méthode.

  • Identifiez le statut de votre projet : construction neuve, extension, rénovation lourde, rénovation légère, changement d'usage ? Chaque cas relève de textes différents.
  • Vérifiez les textes officiels : pour le neuf, c'est la RE 2020. Pour l'existant, ce sont les textes portant sur la performance énergétique des bâtiments existants. Méfiez-vous des articles de blogs qui mélangent tout.
  • Consultez un professionnel qualifié : un bureau d'études thermiques, un architecte, un diagnostiqueur. Un avis éclairé coûte moins cher qu'une reprise de travaux.
  • Anticipez le calendrier : les échéances se rapprochent. Si votre projet est à l'étude, les exigences applicables au moment du dépôt de permis ou de la déclaration de travaux seront celles en vigueur à cette date.

Le plus efficace reste encore de poser la question au bon endroit. La réglementation évolue vite, et les interprétations divergent d'un territoire à l'autre. Le service urbanisme de votre commune ou votre DDT (Direction Départementale des Territoires) peuvent vous orienter.

RT 2025 et après : la tendance de fond

On me demande souvent ce qui va suivre. La vérité, c'est que personne ne connaît le détail des futurs textes. Mais la direction est limpide : durcissement continu des exigences pour le neuf et l'existant, montée en puissance du critère carbone, et alignement progressif sur les objectifs de neutralité climatique.

Pour le neuf, la RE 2020 n'est pas un aboutissement, c'est une étape. Les niveaux d'exigence vont monter, notamment sur le carbone des matériaux. Pour l'existant, l'objectif de rénovation du parc est un chantier colossal qui va s'étaler sur des décennies.

La question n'est plus de savoir s'il faut s'adapter, mais quand et comment. Les projets qui intègrent dès maintenant les exigences de demain—même si elles ne sont pas encore obligatoires—seront ceux qui éviteront les surcoûts de mise en conformité plus tard.

Un dernier conseil : ne vous laissez pas piéger par les étiquettes. « RT 2024 », « RE 2020 », « RT existant »... Ce qui compte, c'est de comprendre le texte applicable à votre projet. Et si vous doutez, demandez. Le coût d'une erreur réglementaire dépasse largement celui d'une consultation.

La réglementation thermique n'est pas un sujet glamour. Mais c'est elle qui décidera, dans les prochaines années, de la valeur de votre patrimoine et de la qualité de vos projets. Mérite-t-elle qu'on s'y attarde ? J'ai envie de dire que oui. Surtout quand on voit la facture de ceux qui ont préféré fermer les yeux.

Damien Renard

Damien Renard

Damien Renard couvre depuis une dizaine d’années les sujets liés au bricolage pour débutants et à la rénovation de la maison. Journaliste de terrain, il traite régulièrement de menuiserie et de travail du bois, en adaptant ses reportages aux lecteurs novices. Son expérience l’a conduit à aborder des thèmes allant de l’isolation intérieure à la fabrication de meubles simples.

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